*Le carcan était un collier métallique servant à attacher un condamné en l’exposant à l’infamie d’une humiliation publique, généralement dans un lieu public très fréquenté. Il est un signe de haute justice qui ne sert pas à mettre à mort.
Le marché est aujourd’hui encore un lieu d’animation, considéré comme un haut lieu de sociabilité, lieu de rencontre, de consommation, de plaisir, lieu de spectacle et d’affrontement. De nos jours, toutes sortes de mouvements viennent y faire entendre leur cause, des tracts y sont distribués et les hommes politiques arpentent le marché à l’approche des élections.
Annexe : l’évolution de l’emplacement du marché
Bibliographie
- Rues d’Arles, qui êtes-vous ? A. Tuloup-Smith, Les Amis du Vieil Arles, 2001
- Archives communales d’Arles FF5, FF7, F99, J19, J151, 67W82, affiche n°129
1227-1349 Portagnel
Le quartier était dénommé « marché, voisin des arènes et du bourg neuf »
XVe s. Marché-Neuf
Après l’annexion du Vieux Bourg, le rempart séparant le Vieux-Bourg (Roquette) de la Cité (centre ville) a été détruit. Sur son emplacement et sur une partie de l’ancien jardin du couvent des Trinitaires est établi un marché nouveau qui remplaçait celui de la Porte-Agnel.
9/8/1500 Place Royale (place de la République)
Par délibération la maison appartenant aux descendants du marchand de fer fut achetée par l’archevêque et la municipalité, puis démolie pour agrandir la place où fut installé le marché. Celui du Marché-Neuf fut alors délaissé.
1640 Forum
Le marché est de nouveau déplacé pendant les travaux de la place de l’hôtel de ville et de l’archevêché. Il est alors installé sur la place aux herbes (Forum) qui accueillait déjà un marché.
Au Moyen Âge la place du Forum était dénommée place des fruits ou des herbes, ou place du setier. Il s’y tenait un marché aux légumes (herbes), aux fruits et aux plantes médicinales. On y vendait aussi des céréales que l’on évaluait avec une mesure en bois (Sétier).
Fin XVIIe Place Royale, plan de la cour, place du forum
Le marché réinvestit la place Royale mais continue place du Forum et plan de la cour.
12/9/1726 Etablissement d’un marché supplémentaire le mardi
« On avertit le public, qu’il y aura Marché le mardi de chaque semaine, outre celui du samedi, que les marchands, Marchandes, Chauderonniers, Courettiers, Jardinières, Fructières, Revendeuses et autres personnes de cette ville, qui ont accoutumé de venir au Marché du samedi, pour vendre et étaler leur marchandises, fruits, denrées, gibiers, poulailles, doivent se rendre à celui du mardi, pour y étaler leur marchandises, fruits, denrées, poulailles, à peine d’être privés de pouvoir venir vendre à celui du samedi ». (FF5, non folioté)
Révolution Rue en face de la grande poissonnerie (rue des Porcellets)
« La Révolution ayant été un prétexte de licence pour faire selon le grè d’un chacun, les changements qui pouvaient luy être avantageux, il fut placé dans la rue qui est en face de la grande poissonnerie, les débitans de ces denrées, et par là ils furent retirés de la place aux herbes ». (J151, pétition 9/1/1808)
9/1/1808 Place Napoléon et place aux herbes
Le quartier de la poissonnerie étant à l’extrémité de la ville
« la mairie actuelle ayant mis au rang de ses devoirs le renouvellement des ordonnances de police fixa son attention à rétablir le débit journalier des dits fruits, herbes, légumes et autres objets dans la dite place… il leur est enjoint de se retirer, savoir les jours de marchés publics à la place Napoléon [place de la République] et les autres jours de la semaine à la place aux herbes [forum] ». (J151, pétition 9/1/1808)
1824 Projet de transformer l’ancienne église Sainte-Anne en halle
L’autorité municipale se propose de transformer le local occupé aujourd’hui par le Musée en une halle et de transporter les antiquités dans le cloître de Saint-Trophime
28/5/1866 Tenue d’un marché supplémentaire aux herbes et légumes sur la place du Saint-Esprit (actuelle place Voltaire)
« Vu la délibération du 13 février 1866, le Maire de la ville d’Arles porte à la connaissance du public que le marché aux herbes et légumes qui se tient sur la place Royale, le mardi et le samedi, sera également tenu à l’avenir sur la place du Saint-Esprit, le lundi et le jeudi de chaque semaine ». (affiche 129)
22/10/1868 Marché-Neuf
Devant les problèmes posés par la circulation et l’occupation des rues adjacentes de la place du Marché-Neuf, le maire d’Arles arrête de déplacer le marché sur la place du Marché-Neuf. Ne sont maintenus sur la place royale que les herbages, légumes et fruits de menu détail, les marchands en gros devront exclusivement se tenir sur l’esplanade du Marché-Neuf et de la Lice.
(J151, extrait du registre des arrêtés 22/10/1868)
1873 Fin du marché sur la place de l’hôtel de ville ?
« Les marchands de poulets, canards et de lingerie se sont peu à peu mis jusque près de l’église Saint-Trophime et sur les trottoirs de la place de l’hôtel de ville. Ils ont été avertis de ne plus s’y mettre à l’avenir ».(J19, rapport du commissaire central du 23 au 26 juillet 1873)
21/1/1969 Étude sur le transfert du marché du samedi sur le boulevard Émile Combes avec utilisation partielle du boulevard des lices coté jardin d’été
« Le nouveau pont sur le Rhône va créer sur le boulevard des Lices et le boulevard Clémenceau un accroissement de la circulation avec lequel le stationnement sur la chaussée principale des voitures de forains sera incompatible ». (F99 et 67w82)
11/08/2001 Piétonnisation du marché