Culture / Patrimoine, International

Les Rencontres, entre chiens, loups et autres bêtes

À un peu moins d'un mois de la clôture des Rencontres, il est encore largement temps de vous imprégner des plus beaux clichés présentés, parmi lesquels le bestiaire de l’exposition « Modèle animal » à la Mécanique Générale.

Publié par Aude Pauly le


Si l’on ne devait citer qu’eux pour commencer, les loups de Vincent Munier et les chiens d’Elliott Erwitt ont un point commun : ils font partie de l’incroyable sélection des clichés retraçant 2 siècles d’histoire de la photographie, à travers un modèle immuable. L’animal. Il est au centre de l’une des expositions de la catégorie « Vies sensibles » proposées par le festival des Rencontres, et prouve qu’il peut traverser toutes les époques sans jamais cesser d’inspirer.

De la simple étude zoologique de plusieurs décennies en arrière aux créations artistiques les plus complexes d’aujourd’hui et de demain, domestiqué ou sauvage, choyé ou craint, proche ou lointain, le Modèle animal a toujours poussé tous types de portraitistes à s’y intéresser. La faune est observée par une centaine de regards différents (affectif, éthique, performatif…), 160 au total, comme le nombre de photographes cités dans cette exposition. Et bien sûr les plus grands noms en sont : Sebastião Salgado, Helmut Newton, Martin Parr, Jacques‑Henri Lartigue, Sophie Calle, Jean‑Paul Goude, Sarah Moon, Henri Cartier-Bresson…

On ne peut qu’être saisis par la magnifique et fascinante galerie des visages de singes de James Mollison, attendris par la complicité affichée entre Simona Kossak et les espèces qui composent son entourage, on se laisse prendre au jeu des représentations poétiques de Vasantha Yogananthan, on sourit grâce aux images canines d’Elliott Erwitt, on est captivés face aux clichés enneigés de Vincent Munier…
L’animal, alors qu’il règne là en modèle, révèle en l’homme sa part de curiosité autant que de créativité et surtout une sensibilité tout comme une complicité assumée.

À la Mécanique Générale, ne manquez pas non plus l’hommage rendu au grand Edward Steichen (1879-1973), au botaniste autant qu’à l’artiste qu’il était. La passion qu’il a portée à la nature est présentée là comme une œuvre à part entière dans une carrière immense (peintre, photographe, puis galeriste et entre autres conservateur du MoMA de New-York). Cela valait bien un hommage doublement marqué, avec également l’exposition Monsieur Steichen proposée par Lisa Oppenheim qui imagine comme une suite au travail du maître à penser et à créer.

Enfin, toujours à la Mécanique Générale mais dans la catégorie “Arles Associé” cette fois, l’exposition Bodies Never Lie du Canadien Stan Douglas est également à découvrir. L’artiste y offre notamment une plongée dans l’univers du flamenco au cœur d’une Espagne sous dictature franquiste dans les années 1950 à travers sa dernière œuvre filmique Exquisite Corpse.

Dans le cadre des Rencontres de la photographie, les expositions Modèle animal-200 ans de photographie, La nature d’Edward Steichen, Monsieur Steichen et Bodies Never Lie sont présentées jusqu’au 4 octobre 2026 à la Mécanique Générale, dans le Parc des Ateliers LUMA Arles.
Horaires d’ouverture: 10H00 – 19H30