Le département des Bouches-du-Rhône est placé en vigilance jaune Canicule à compter du mardi 18 août 2026.
Sur les jours à venir, les températures en journée seront comprises entre 34 et 36°C. 22 à 24°C la nuit.
Lieux de baignade ouverts durant l’été :
Philippe Rouget et Cabassud : ouvertes tous les jours de 10h à 13h30 et de 14h à 19h
Bassins de Mas Thibert et du Sambuc : ouverts tous les jours de 12h30 à 19h
Plage de Piémanson : baignade surveillée tous les jours de 10h à 18h
Des lieux climatisés sont ouverts à la population (jours et horaires précisés ci-dessous):
– Club Barailler, rue Watton Chabert (Griffeuille) : mardi et vendredi de 10h à 17h30
– Club Belmondo, rue de Verviers (Trébon) : lundi et jeudi de 10h à 12h et de 13h à 17h30
– Club Billot, rue de Cascina (Barriol), Lundi et jeudi de 10h à 12h et de 13h à 17h30
– Club Morizot, impasse Morizot (Centre ville) : lundi au vendredi de 10h à 12h et de 13h à 17h
– Club Trinquetaille, maison K’marguaise, 8 rue de la verrerie : mardi et vendredi de 13h à 17h
– Centre social Christian Chèze, 2 place Maurice Thorez (Barriol): lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 17h
– Centre socio-culturel les tuiles bleues, 15 rue du château d’eau (Mas Thibert) : lundi au vendredi de 8h30 à 17h45
– EHPAD les tournesol, rue Bertrand Boysset (Trinquetaille) : tous les jours de 9h à 18h
– EHPAD Les hauts de Barbegal, 54 route de Coste basse (Pont de crau) : tous les jours de 9h à 17h
Voici quelques conseils pour éviter le coup de chaud et la déshydratation :
– donner et prendre des nouvelles de vos proches
– ne pas sortir aux heures les plus chaudes de la journée (11h-16h) et éviter les efforts physiques
– Boire régulièrement de l’eau (penser aux personnes vulnérables : bébés, enfants, personnes âgées, personnes sans domicile fixe, travail en extérieur, etc.)
– fermer les volets le jour et assurer une légère ventilation la nuit
– manger en quantité suffisante et ne pas boire d’alcool
Entre dessins et photos, les traits de génie de Christian Lacroix au Réattu
L'un des Arlésiens les plus illustres se dévoile cet été à travers deux expositions au Musée des beaux-arts de la Ville. La première, intitulée "Christian Lacroix Dessins, gribouillages et graffitis", retrace son parcours de dessinateur, depuis la maternelle jusqu'aux illustrations d'ouvrages d'art qui l'occupent encore aujourd'hui. La seconde, organisée dans le cadre des Rencontres de la photographie, révèle son goût et son oeil pour la photographie.
Christian Lacroix entouré de Mandy Graillon, première adjointe au maire et Patrick de Carolis, maire d'Arles, inaugurent l'exposition "Dessins, gribouillages et graffitis" au Musée Réattu. photo R. Parent/VILLE D'ARLES.
Taureau ascendant Lion : le clin d’oeil est trop beau pour qu’on ne le mentionne pas. Et Christian Lacroix lui-même ne manque pas de pointer cette signature astrologique dans un dessin où il représente deux des emblèmes d’Arles, le taureau qui combat dans l’arène et le lion qui donne son image à la Ville. L’enfant d’Arles, qui a grandi à Trinquetaille dans les années 50, devenu lui aussi une figure emblématique d’Arles, retrouve le Réattu, le musée de tous les Arlésiens, “sa maison”, où deux expositions lui sont consacrées cet été. Le 4 juillet 2026, le maire d’Arles, Patrick de Carolis les a inaugurées en remerciant l’artiste “d’avoir si bien servi l’art et la Ville.” Il l’a aussi remercié “pour le bonheur qu’il donne à travers son oeuvre.”
Le dessin, le fil d’une vie
L’oeuvre de Christian Lacroix, ce sont ces centaines de dessins, réunis et présentés sous le titre “Dessins, gribouillages et graffitis” au musée Réattu jusqu’au 4 octobre 2026. Déjà, en 2008, il y avait mis en scène l’exposition “Musée Réattu, Christian Lacroix” et offert au musée de son enfance un “coup de jeune dont il ne s’est pas remis – fort heureusement !” souligne Andy Neyrotti, conservateur et co-commissaire de l’exposition “Dessins…”. En 2012, l’artiste était invité pour penser l’exposition “Les Picasso d’Arles : invitation à Christian Lacroix.”
Sa connaissance du musée, de ses richesses – et ce depuis l’enfance – en fait ainsi l’écrin idéal pour accueillir aujourd’hui cette nouvelle exposition, qui le dévoile plus intimement. Elle retrace son parcours de dessinateur depuis les premiers essais réalisés à l’âge de la maternelle, jusqu’aux oeuvres d’aujourd’hui, illustrations de llivres d’art, préparations de costumes et de décors de pièces de théâtre et d’opéras pour les scènes les plus prestigieuses. Elle dessine un portrait en creux d’un enfant puis d’un homme qui s’exprime crayon à la main, raconte ainsi ses racines, ses passions, ses tourments. Car le dessin a irrigué tout le parcours professionnel et la vie de Christian Lacroix et on le comprend d’autant mieux qu’il a conçu l’exposition comme un vaste pêle-mêle, à l’image de ceux qu’il a réalisé tout au long de sa vie, mêlant figures emblématiques arlésiennes et personnages de théâtre, Phèdre et Cyrano, collages et traits de crayon, esquisses sur du papier venu des Papeteries Etienne et impressions d’oeuvres réalisées à la palette graphique.
La Tarasque vue par Christian Lacroix a servi de modèle à une tapisserie d'Aubusson. photo R. Parent/VILLE D'ARLES.
Dès son plus jeune âge, il s’empare et s’inspire de sa ville, Arles, et de ses figures, les Arlésiennes en costume, les toreros et les toros dans l’arène, les raseteurs, les gardians, qui nourrissent toujours son imaginaire et son oeuvre aujourd’hui. Il illustre pour lui, films et romans. Mais Christian Lacroix s’intéresse aussi à la mode, avec une précision qui relève de l’entomologie et a pour projet de documenter ses évolutions, ses tendances et les grandes typologies de vêtements. A côté de ces réalisations déjà impressionnantes de maîtrise, l’exposition présente les dessins qu’il ose un jour présenter à Karl Lagerfeld – “mais c’était très facile à l’époque d’obtenir des rendez-vous” dit-il simplement, alors qu’on peut penser que la qualité de son travail y est pour quelque chose. De rencontre en rencontre, Christian Lacroix fait son entrée dans l’univers de la haute couture, devient directeur artistique de la maison Patou d’abord, puis prend la tête de la maison qui porte son nom. Cette fois, les silhouettes s’habillent de couleurs, de motifs qui évoquent la finesse d’une broderie, la délicatesse d’un satin, la profondeur d’un velours.
Costumes pour la Comédie-Française. photo R. Parent/VILLE D'ARLES
Même inspiration, même virtuosité, même trait à la fois libre et précis : les costumes pour le théâtre et l’opéra racontent une autre passion de l’artiste. Ses créations pour les scènes les plus prestigieuses, et notamment la Comédie Française, lui ont valu plusieurs Molière et une reconnaissance internationale. Il avoue n’avoir jamais imaginé tout cela même si, écrit-il, “je me suis toujours senti costumier”. Il ajoute avoir eu besoin que sa vie “soit un théâtre”. C’est bien ainsi qu’elle apparaît, comme il la raconte au Réattu.
“Monsieur Lacroix ne se définit pas comme un collectionneur, mais comme un amateur de photos, explique Andy Neyrotti, conservateur au Musée et co-commissaire de l’exposition présentée dans le cadre des Rencontres d’Arles. “Il découvre des photographes et des galeristes, il achète au coup de coeur.” Les photos ainsi réunies depuis plus d’une trentaine d’année sont présentées au fil des collections permanentes du musée, judicieusement placées en accord avec les thèmes abordés, le portrait, le corps, la figure du héros, etc… Et attirent l’oeil sur des correspondances évidentes. Ainsi, le portrait de Françoise Lacroix, épouse de Christian Lacroix, prend place parmi d’autres muses et inspiratrices, Maria Picasso Lopez, peinte par son fils, et Elisabeth Grange, fille de Jacques Réattu qui en 1868, est à l’origine de la création du musée. Une figure de Katerina Jebb, virginale dans une robe de Christian Lacroix, trône en icône parmi les peintures du XVIIIème siècle représentants saints et martyrs ; le portrait du cycliste fait par Véronique Ellena dévoile la dimension héroïque du sportif à côté de “La mort d’Alcibiade” signée Jacques Réattu. Et comment ne pas voir dans la photo issue de la série “Les supermarchés” une composition digne du travail d’un peintre ?
Christian Lacroix, et derrière lui, son portrait signé du photographe Paolo Roversi à côté d'un portrait de Robert Quiqueran de Beaujeu, daté du XVIIème siècle. photo R. Parent/VILLE D'ARLES.
Quant aux portraits de Christian Lacroix lui-même, signés par les plus grands photographes comme Annie Leibovitz, Paolo Roversi, Mario Testino ou Erwin Wurm, ils datent de l’époque où son visage était l’incarnation de la maison de couture qu’il a dirigée pendant plus de 20 ans. Apparemment à l’aise devant l’objectif, il se livre sans fard ou se prête aux mises en scène. Une façon encore de faire de sa vie “un théâtre”.
Les dessins exposés au Réattu ont été prêtés par une toute récente association, “Archives et patrimoine Monsieur Christian Lacroix”. Elle est présidée par Eric Ruf, acteur, metteur en scène et scénographe, administrateur général de la Comédie française de 2014 à 2025 et grand ami de Christian Lacroix, avec lequel il a beaucoup travaillé*. Elle conserve toute l’oeuvre de Christian Lacroix, dessins d’enfants, croquis pour la mode, le théâtre, illustrations de livres et de magazines, etc… et a vocation à permettre le travail autour de cette oeuvre.
*Un ouvrage recensant la correspondance entre Christian Lacroix, Eric Ruf et Denis Podalydès autour de leur travail sortira à la rentrée chez Actes Sud.