Culture / Patrimoine, International

LUMA à la lumière de ses nouvelles expositions

LUMA Arles vient de lancer sa saison avec 6 nouveaux ensembles d’œuvres, 2 films et 4 expositions, tous visibles dans la Tour, avant un cycle de 4 autres prévus à partir du mois de juillet. Laissez-vous guider.

Publié par Aude Pauly le


Commençons avec Delta, œuvre filmique de l’artiste
et cinéaste Verena Paravel,
fruit de sa résidence à
LUMA Arles entre octobre 2025 et janvier 2026,
et en particulier à la Tour du Valat. Et nous voici
plongés au cœur de la Camargue comme nous ne l’avions jamais vue… ou plutôt entendue. À grands renforts d’instruments scientifiques et militaires de captation, la réalisatrice est parvenue à s’introduire dans ce milieu naturel si riche, dans cette vie si active, par la petite porte : celle de l’imperceptible. Le microcosme camarguais se livre comme jamais, dans une réalité jusque là inconnue mais ainsi tangible, où les vibrations donnent une autre dimension à tout ce qui nous entoure : une araignée sur sa toile, un scarabée sur une tige, des grenouilles et un poisson à la surface de l’eau… Delta permet véritablement de prendre le pouls de cette vie sauvage (jusqu’au printemps 2027).

Au contraire dans le film In the Veins de Camille Henrot, l’angoisse est croissante. L’artiste met en évidence le fait d’élever et faire grandir des enfants sur fond d’une nature qui s’éteint et se meurt par la faute de l’Homme. Les images mettent en parallèle l’apprentissage de l’enfant par les lettres contenues dans le nom des animaux ou comment les reconnaître, et les conséquences du règne humain en particulier sur le monde animal. Un compte-à-rebours récurrent semble rappeler l’incessante répétition et la contradiction d’une humanité qui donne vie et qui tout à la fois détruit (jusqu’au 10 janvier 2027).

Parmi les expositions, une grande Dame et grande figure de l’architecture est mise à l’honneur à l’occasion des 10 ans de sa disparition : Zaha Hadid. Révolutionnant sa discipline pour laquelle elle a raflé tous les prix (elle fut par exemple la première femme à se voir décerner en 2004 le prix Pritzker d’architecture), la reconnaissance qui lui est vouée va bien au-delà. Ainsi, l’exposition s’articule autour de créations hommages à sa gloire, de témoignages vidéo et autres archives, et de tableaux de Zaha Hadid elle-même. En effet, elle qui a su élever sa réflexion préparatoire au rang d’art, a sans cesse dessiné et peint sa vision de l’architecture à travers son propre style, faisant de la toile un véritable terrain d’expérimentation (jusqu’au printemps 2027).

Autre hommage, celui rendu à la revue Cahiers d’Art, également maison d’édition et galerie, pour les 100 ans de sa création par Christian Zervos. Les 97 numéros à l’esthétique unique qui ont été publiés durant ses 34 ans d’existence ont permis à la revue d’instaurer un nouveau dialogue autour de l’art, en mêlant les œuvres de tous temps aux écrits qu’elles ont inspirés. Et ces archives sont à considérer comme les époques qu’elles ont traversées et auxquelles LUMA Arles offre là une continuité (jusqu’au printemps 2027).

L’artiste Gerhard Richter quant à lui fait aussi partie des sélections de LUMA Arles pour sa nouvelle série d’expositions, à travers ses Overpainted Photographs (littéralement photographies recouvertes de peintures). Au moment d’entrer dans la salle, ce qui surprend est la taille des clichés présentés. Mais s’en approcher suffit à comprendre la force du travail du peintre et photographe qui s’attache à faire fusionner ses deux disciplines pour brouiller les repères et réinventer le degré de lecture de chacune (jusqu’au 10 janvier 2027).

Enfin, l’œuvre de Julianknxx est exhaustive dans les moyens qu’elle emploie, s’étendant du son à l’image et en passant par la poésie et la sculpture. L’artiste met tout cela au service de l’exposition In Search of… Incredible dans laquelle il en appelle à la mémoire, l’intime et la collective. Et pour monter l’ensemble de l’installation, toute une chaîne de réflexion et de création a été établie, des transformations ont été apportées à certaines des pièces présentées, comme le symbole des souvenirs et des traditions qu’il faut préserver et se transmettre tout en les laissant évoluer (jusqu’au 10 janvier 2027).