Culture / Patrimoine, Environnement

La roselière lui est chère

Plus que quelques jours pour aller découvrir, à la médiathèque, une exposition qui transporte les visiteurs en pleine Camargue. "Voir à travers la roselière" de l'artiste plasticienne Anne Perier c'est jusqu'au 31 octobre.

Publié par Aude Pauly le


Exposer après une résidence, c’est comme rendre sa copie. À défaut d’être noté par un jury, l’on soumet à l’appréciation des visiteurs le fruit de sa réflexion et de son travail.
Et au centre de son étude artistique d’une année au Parc naturel régional de Camargue, Anne Perier a placé le roseau et son habitat. « Parce qu’il a fallu faire un choix » sous-entend elle, en raison des sujets d’inspiration en grand nombre que ne manque pas d’offrir ce paysage unique. Mais aussi et surtout parce qu’elle avoue avoir été émue par la poésie qui s’en dégage.
Car l’artiste, âgée d’une trentaine d’années et diplômée de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, est certes originaire de Provence, mais là où la montagne domine, bien loin de la Camargue. Elle avait donc tout à découvrir au cours de la résidence qu’elle a menée, autant qu’à faire découvrir.

Et en plus d’un sujet il lui a fallu sa matière première, qu’elle a également trouvé dans les roselières.
À force de recherches sur le roseau, la plasticienne est parvenue à faire de la plante aquatique du papier qui lui a servi ensuite à gaufrer, à embosser 9 oiseaux.
Un butor étoilé, un râle d’eau, ou encore une marouette ponctuée, qu’elle a pu approcher sur le terrain au contact d’ornithologues, ou simplement deviner, et qui l’ont inspirée, pour aujourd’hui nous être présentés sur leurs supports de forme arrondie. Un peu plus loin, on les découvre en linogravures sur des cartes postales, puis d’une vitrine à l’autre, les œuvres pures et délicates d’Anne Perier semblent de plus en plus refléter une fragilité. Celle de la nature et de son équilibre. « Je m’attarde sur des endroits pour que les autres s’y intéressent. Par exemple la question cruciale avec le roseau et les roselières, c’est la gestion de l’eau. Il y a un enjeu de conservation et d’usage de ces lieux. Et donc ça m’intéresse d’attirer l’œil sur ce genre de questionnements ».
Et cette exploration du milieu auquel elle s’est attachée, qu’elle a appris à connaître et à interpréter pour mieux le montrer, elle pourrait bien la poursuivre. Elle s’imagine pourquoi pas, travailler après cela au service d’un programme européen de sauvegarde des zones humides en Méditerranée.
En attendant, c’est à la médiathèque que l’exposition Voir à travers la roselière vous attend pour quelques jours encore.