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Culture / Patrimoine, Festivités
Publié par Aude Pauly le
Rassembler toutes ces photos (10 000 au total) a été comme déterrer des trésors. L’exposition ne propose que la substantifique moelle des souvenirs amassés par Marion et Philippe Jacquier. Pas les leurs. Mais ceux d’autres personnes qui se sont improvisées photographes dès le siècle dernier pour graver, à un moment donné, un instant, un visage, un corps, un paysage, ou encore une scène se jouant sous leurs yeux. De l’instantané à la mise en scène, du désuet au moderne : c’est là tout le charme de la photographie vernaculaire. Souvent ces clichés n’étaient pas destinés à être ni montrés ni partagés. Mais certains auteurs en vivaient très probablement, comme le photographe ambulant qui, déjà dans les années 30, s’adonnait à de la retouche sur ses portraits, s’adaptant ainsi parfaitement aux desiderata de ses clients.
Ces photos, bien qu’ayant été prises à dessein personnel et à travers de petites histoires, alimentent la grande, la mémoire collective, et prouvent que l’image, omniprésente aujourd’hui, l’était tout autant dans le passé. Qu’ils aient fait preuve, dans les témoignages qu’ils laissent, de spontanéité ou de recherche, de subtilité ou d’indécence, de subjectivité ou de justesse, ces auteurs inconnus d’antan ont su faire de la photographie un langage qui nous parle encore maintenant.
Le coup de cœur : Lucette, star des Rencontres ! Et pourtant Lucette, née en 1908, aurait pu rester “au placard” (ses photos du moins). Mais elle qui a été en quelque sorte son propre modèle au cours de 23 années de voyages organisés entre 1954 et 1977, trouve dans cette exposition toute sa place. Elle apparaît au premier plan des 850 photographies dénichées par les collectionneurs Jacquier, et quelques-unes sont présentées dans une section de l’exposition qui lui est dédiée. Derrière un narcissisme apparent, elle pose avec une extrême simplicité et sans extravagance, mais surtout sans oublier de se plier à chaque fois à sa propre discipline du portrait de vacances. De cette redondance, Lucette en devient touchante.