Éducation, Enfance / Jeunesse

À l’école du Cloître, les grandes sections découvrent la géométrie autrement

Grâce à un partenariat original avec les élèves de 4e du collège Ampère, les notions les plus abstraites prennent forme entre les mains des enfants, qui affichent ensuite 100% de réussite en géométrie aux évaluations nationales de cours préparatoire.

Publié par Emmanuelle Laurent le


Dans une salle de classe de l’école du Cloître, les mathématiques ne se résument pas à des chiffres alignés sur un tableau. Elles prennent vie dans un jeu de construction, une pièce de bois que l’on déplace, une forme que l’on retourne, un motif que l’on reproduit. Ici, la géométrie se manipule avant même de se nommer.

Depuis 2023, un partenariat unit les élèves de grandes sections de maternelle et les collégiens de 4e du collège Ampère autour d’un projet pédagogique aussi singulier qu’ambitieux : faire découvrir aux plus jeunes les transformations du plan — translation, rotation, symétrie axiale ou centrale — grâce à une approche concrète et ludique. Des notions qui pourraient sembler bien éloignées de l’univers de la maternelle deviennent accessibles lorsque les mains prennent le relais de la théorie. Avec leurs jeux en bois, leurs formes à assembler et leurs supports de manipulation, les enfants expérimentent, observent et comprennent peu à peu les principes qui régissent les figures géométriques.

Mais l’originalité du projet mis en place par Laurence Faggianelli enseignante grande section, et les professeurs du collège Christelle Straforelli (mathématiques), Marion Delecroix (arts plastiques) et Lise Deluca (EPS) réside surtout dans la place donnée aux collégiens. Chaque année, les élèves de 4e quittent les bancs du collège pour venir à la rencontre des plus petits. Ils expliquent, accompagnent, reformulent. Ils deviennent, le temps de quelques ateliers, des médiateurs du savoir. Pour transmettre une notion, il faut la maîtriser, trouver les bons mots, s’adapter à celui qui écoute. Un exercice qui renforce leur confiance en eux et leur capacité à prendre la parole.

Du côté des élèves de maternelle, la rencontre crée une relation particulière : les grands deviennent des modèles, des guides, des complices. Les apprentissages gagnent du sens parce qu’ils sont partagés.

Des mathématiques aux arts, une pédagogie qui ouvre les horizons

Depuis janvier, ce travail autour des apprentissages s’est prolongé à travers plusieurs projets complémentaires mêlant culture, création et expression.

Les élèves ont ainsi poussé les portes du Musée départemental Arles antique pour partir à la découverte des mosaïques. Après avoir observé les œuvres, leurs formes, leurs couleurs et leurs compositions, ils ont réalisé à leur tour leur propre création. Avec une artiste plasticienne, ils ont également exploré le mouvement à travers l’accro sport et la photographie. Les corps en action, les postures et les équilibres ont ensuite donné naissance à un grand mur d’images qui habille aujourd’hui leur classe, comme une trace collective de leurs expériences.

Cette dynamique se poursuivra en 2027 avec une participation exceptionnelle à la Nuit des musées, dans le cadre du dispositif “L’oeuvre-la classe”. Pour préparer cet événement, ils seront accompagnés toute l’année scolaire par une mosaïste qui leur transmettra techniques, savoir-faire et connaissances autour de cet art ancestral afin de composer une mosaïque commune avec les élèves de 4e du collège Ampère.

Une réussite qui se mesure aussi dans les résultats

Depuis trois ans, cette approche fondée sur la manipulation, l’expérimentation et le lien entre les disciplines porte ses fruits. Les élèves de grande section réussissent brillamment les évaluations nationales de mathématiques à l’entrée au CP, avec 100 % de réussite.

Dans ce lieu unique, niché au cœur du cloître Saint-Trophime, l’école profite aussi d’un cadre propice aux apprentissages. Avec des effectifs de 20 élèves par classe, les enseignants peuvent développer des projets sur mesure et offrir à chaque enfant une attention particulière.