Culture / Patrimoine, Personnalités
Entretien avec François Berléand, parrain du Festival du Dessin 2025
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Culture / Patrimoine, Personnalités
Publié par Romain Vauzelle le
D’où est venue l’envie d’écrire ce premier roman ?
Je travaille à l’instinct : tout d’un coup il me devient évident de faire quelque chose, donc je le fais. Il y a peut-être l’envie de se confronter à une histoire et puis de parler des humains après avoir beaucoup parler des chevaux et de ma relation avec eux. Comme tous les romans, c’est une histoire que vous portiez en vous, qui vous trottait dans la tête.
Quelle est la part d’autobiographie ?
Ce livre est d’abord un hommage aux saltimbanques dans le Paris des années 80. Je montre comment ils incarnaient la tolérance, la folie, un “donquichotisme” un peu radical. Ils construisaient une relation directe avec le public, sans passer par un théâtre. Et ça, c’est toute mon histoire avec Zingaro. Donc c’est une fiction, mais inspirée de plein de situations et de personnages que j’ai connus.
On croise quand même un cavalier nommé Bartabas…
Les gens essaient toujours de savoir derrière quel personnage on se cache. En me nommant directement, je coupe l’herbe sous le pied de ceux qui m’auraient posé la question (rires). Mais c’est un personnage secondaire. L’héroïne, c’est une enfant muette qui se retrouve dans une troupe d’artistes de rue.
Aujourd’hui vous vous considérez plus comme un écrivain ou comme un cavalier ?
L’âge avançant, la fin du cavalier approche… Mais les chevaux ont formé l’écrivain : ils m’ont contraint à apprendre une langue qui se passe de mots, un langage silencieux, un langage du corps. A partir du moment où je me suis confronté à l’écrit, il a fallu réapprendre à faire danser les mots. Les chevaux m’ont préparé à ça.
Il y a des points communs entre le dressage et l’écriture ?
Il y a cette notion de rigueur, de travail quotidien, la recherche d’un équilibre, d’une justesse d’un mouvement comme d’un mot, trouver un style… Oui, c’est assez proche. Plus que le récit, c’est la manière dont on le transmet qui me passionne dans la littérature.
Justement vous allez rencontrer vos lecteurs à Arles…
(Il coupe). J’adore ça, ce contact direct avec ceux qui vous lisent. Les gens se déplacent pour toi donc a priori ils t’aiment bien. Et puis j’aime les libraires, ce sont des gens souvent très intéressants. Je préfère largement ces moments-là aux émissions de radio ou de télévision.
Pourquoi avoir choisi d’être à Arles le jour de la sortie du livre ?
J’ai un lien particulier avec le sud est. Zingaro est né pas loin, je connais bien toute la région d’Arles, Nîmes, Avignon où on a beaucoup joué. On a une histoire avec votre région et c’est toujours un plaisir d’y revenir.
Rencontre avec Bartabas à l’occasion de la sortie de son livre “Les cogne-trottoirs” (Gallimard) , jeudi 8 janvier à partir de 18h30 la librairie Actes Sud.