Culture / Patrimoine, Personnalités

Isabelle Cousteil :”écrire, c’est créer du lien”

Le 2 mai à 18h30, l'auteure arlésienne Isabelle Cousteil présentera son premier roman, "Souviens-toi d'oublier", à la librairie Actes Sud. Rencontre.

Publié par Marie-Pierre Garrabos le


L’histoire est aussi addictive qu’un thriller. Un simple bol de petit-déjeuner retrouvé dans un placard et c’est le début d’un jeu de piste sensible entre passé et présent, amitié et trahison, souvenir et pardon. « Souviens-toi d’oublier », le premier roman de l’autrice arlésienne Isabelle Cousteil, sort le 2 mai dans les librairies après avoir séduit Michel Bussi, le romancier aux millions de lecteurs, qui le résume comme « un très joli roman entre Paris et l’Auvergne…  Une histoire d’amour ou plusieurs… Un mystère qui part d’un rien et qui grandit jusqu’au vertige ». Elle le présentera pour la première fois aux lecteurs le vendredi 2 mai à 18h30 à la librairie Actes Sud.

L’auteure, que les Arlésiens connaissent bien pour l’avoir croisée notamment lors de la dernière édition d’Arles se livre mais aussi lors de nombreux ateliers d’écriture, a répondu aux questions d’arles.fr

Comment vous est venue l’idée de ce roman ?

J’ai vraiment trouvé dans un placard un bol avec un prénom qui n’évoquait rien pour moi… ensuite, c’est comme si l’histoire s’était imposée à moi, j’ai tiré le fil. J’ai envoyé le manuscrit, un peu sur un coup de tête, au prix Jean Anglade du premier roman. Il n’a pas remporté le premier prix mais a été remarqué par Michel Bussi qui était président du jury et par l’éditeur. Je n’en reviens toujours pas !

« Souviens-toi d’oublier » évoque la mémoire… Quel est votre premier souvenir lié à l’écriture ?

A quatre ans, je remplissais des pages entières de lignes qui ne voulaient rien dire puisque je ne savais ni lire, ni écrire. A dix ans, j’ai inventé la suite de « Mon amie Flicka »… Mais ce n’est qu’après ma première vie professionnelle (Isabelle Cousteil a été dans l’ingénierie culturelle, ndlr), que j’ai décidé d’en faire mon métier. J’ai écrit un livre pour mon fils, qui avait alors 4 ans, je lui ai raconté les trois premières années de sa vie (« Quand les loups avaient des plumes », édition Triartis, ndlr). Cet ouvrage a été publié et je n’ai plus jamais arrêté. Du théâtre, des chroniques, des nouvelles, de la poésie… j’aime expérimenter, répondre à des défis.

L’écriture est une activité de solitaire, mais vous participez à des lectures publiques, vous enseignez… En quoi cela fait-il partie de votre métier ?  

J’aime transmettre et partager. Faire des lectures en public, cela permet de recevoir la réaction immédiate des lecteurs, ce qu’un écrivain ne peut jamais voir. L’animation des ateliers d’écriture avec les enfants (organisés par le collectif L’isba à Griffeuille, ndlr) et l’enseignement du scénario à Mopa sont très enrichissants, c’est un échange entre nous. J’admire beaucoup les étudiants de Mopa car ils sont doués en tout : ils maîtrisent une technique très sophistiquée tout en ayant une vision du monde, un univers imaginatif très riche.

Quel lien entretenez-vous avec Arles, qui inspire beaucoup d’artistes ?

Je connais Arles depuis l’enfance car nous y venions tous les ans avec mes parents, notamment pour faire du cheval. Dans les années 80, j’ai monté une exposition à Paris avec Lucien Clergue. Alors quand j’ai quitté Paris, il y a une quinzaine d’année, Arles s’est imposée. Depuis, j’ai appris à la connaître, je trouve que c’est une ville très féminine, marquée par des figures de femmes très fortes. Et j’y situe mon deuxième roman, qui est en cours d’écriture.

Souviens-toi d’oublier, Presses de la Cité, 256 p. 21 euros.