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Culture / Patrimoine, International
Publié par Romain Vauzelle le
L’âme de la ville – Martine Barrat
Il fallait encore, ces derniers jours, patienter trente minutes avant d’entrer dans la salle de l’espace Van-Gogh qui accueille “L’âme de la ville”, de Martine Barrat. L’exposition restera l’un des grands succès de ces Rencontres 2026 et on comprend pourquoi : le travail en noir et blanc de l’ancienne danseuse parisienne devenue photographe des quartiers déshérités de New York est captivant. Il nous plonge dans le ghetto des années 80, ses ruines, ses gangs, sa misère, mais donne aussi à voir la solidarité, l’énergie et la joie qui en émerge, comme sur cette photo de fête où trois jeunes filles dansent, dans le quartier de Harlem. Une expo où l’on croise par surprise, juste avant de la quitter, Bob Marley, Yves Saint-Laurent ou encore Martin Scorsese.
À voir tous les jours de 9h30 à 19h à l’étage de l’Espace Van-Gogh.
Le corps vitré – Laura Tabet
Rien ne se crée, tout se transforme : Laura Tabet explore les eaux de Marseille et les interactions entre les bactéries et l’activité humaine. Imprimées sur verre et bioplastiques, ces images deviennent des vitraux, judicieusement exposés au Cloître Saint-Trophime, là où le mystique et l’humain se sont depuis des siècles, mêlés. Médecin biologiste et artiste, lauréate avec Yasmine Chemali du prix BMW Art Market, Laura Tabet raconte en lumière, ce que l’art, l‘écologie, la science biomédicale et la politique disent des activités humaines et de leur impact sur notre environnement.
À voir tous les jours de 9h à 19h au Cloître Saint-Trophime.
Ghana ! Rêver l’indépendance 1957-1976
Pour voir l’image générique de cette 57e édition des Rencontres, il ne faut pas rater cette exposition qui dresse le portrait photographique du Ghana, premier pays d’Afrique subsaharienne à obtenir son indépendance en 1957. On y voit comment les images racontent cette nouvelle identité. Les sublimes portraits en noir et blanc de James Barnor y croisent les œuvres des artistes contemporains, tels Carlos Idun-Tawiah et ses tableaux photographiques en couleur, parmi lesquels “De nombreuses raisons de vivre à nouveaux”, visuel de l’affiche officielle des Rencontres. Le fond musical “Birth of Ghana” de Lord Kitchener (1957) accompagne le visiteur dans ce voyage.
À voir tous les jours de 9h30 à 19h au Palais de l’Archevêché.
A Sense of Place (Le sens du lieu) – Harry Gruyaert
Un tour du globe en 50 ans : c’est ainsi que pourrait être résumées l’œuvre d’Harry Gruyaert et cette exposition, témoignage de vies urbaines quotidiennes. Des scènes -de rue le plus souvent- presque semblables les unes aux autres où qu’elles se passent dans le monde et qui trouvent ensemble une harmonie dans leur polychromie suraccentuée. En réhaussant les couleurs saisies au moment de sa photo, l’artiste paraît réduire les distances entre les lieux qu’il immortalise. Et les anonymes que l’on y voit se croisent d’une ville et d’un cliché à l’autre comme ils ont un jour croisé le regard d’Harry Gruyaert peut-être sans même le savoir.
À voir tous les jours de 9h30 à 19h à la Chapelle Saint-Martin du Méjan.
La chambre noire intérieure – Hu Weiyi
Il faut avouer que la façon qu’a cet artiste de développer ses clichés -à l’aide de son acide gastrique… d’où le titre de l’exposition tout de même très poétique- est la première raison qui pousse à aller voir ses œuvres. Le résultat, qui tient donc autant de la performance que de la création artistique -âmes sensibles s’abstenir lorsqu’une vidéo montre Hu Weiyi donner de sa personne-, est évidemment surprenant. L’artiste ne fait véritablement qu’un avec son œuvre : des pellicules (reproduites sur de grands panneaux) qui donnent l’impression de se consumer sous l’effet du liquide humain, faisant ainsi interagir l’homme et la nature représentée sur ces images d’une manière inédite.
À voir tous les jours de 9h à 19h à Ground Control.
Being There – Lee Shulman et Omar Victor Diop.
L’un se met en scène, l’autre photographie. Sur des photos anonymes prises durant les fastes trente glorieuses en Amérique du Nord, la joie et l’insouciance se savourent en famille ou entre amis, à l’occasion d’un anniversaire, d’une remise de diplôme, d’une partie de golf. On en oublierait presque que la ségrégation raciale est toujours en vigueur. Les personnes de couleurs sont en effet totalement absentes de ces clichés anonymes récoltés depuis 2017 par Lee Shulman. Le duo de photographes corrige avec humour ce fait historique en introduisant sur chaque cliché Omar Victor Diop, acteur parfait de cette supercherie.
À voir tous les jours de 9h30 à 19h à l’ancien collège Mistral.
Rétrospective Alan Keler – Myop
Des manifestations de mai 68 au massif central natal retrouvé, en passant par tous les théâtres de conflits qu’aura produit la fin du 20e siècle, le photojournaliste multiprimé présente soixante ans de rétrospectives de clichés noir et blanc. Chaque photo impressionne par sa justesse, témoigne de l’histoire d’êtres humains ballotés pas les guerres, le rejet, la pauvreté dans un art parfaitement maitrisé de l’image comme média du réel. Une exposition à succès déjà vue par plus de 50 000 visiteurs avertis.
À voir tous les jours de 9h30 à 19h aux Douches municipales.
Billetterie en ligne / Gratuit pour les Arlésiens sur présentation d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile de moins de trois mois au bureau des Rencontres, 34 rue du docteur Fanton.