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Les Rencontres, mémoire vive

Depuis cette année, Les Rencontres d'Arles ont noué un partenariat avec le centre hospitalier où des photographies sont désormais exposées. Dans cette même logique d'ouverture à de plus larges publics, le festival avait déjà, auparavant, tissé des liens avec la sphère médico-sociale.

Publié par Aude Pauly le


Durant Les Rencontres, vous serez certainement amenés à croiser, si ce n’est pas déjà fait, Naseem, face à l’objectif d’Aman Alam. Pour le photographe indien il n’a pas seulement été question de portraiturer son aïeule dans l’exposition Ozymandias à voir jusqu’au 4 octobre à la Maison des peintres. Il a avant tout voulu représenter la maladie d’Alzheimer gagnant du terrain dans le corps et l’esprit de sa grand-mère, et la façon dont lui a affronté cette altération durant les 7 mois et demi qu’il a passés à ses côtés. Naseem, ou le symbole d’une mémoire qui se réduit, de souvenirs qui tombent progressivement dans l’oubli.

Ce n’était pas sans rappeler à Aurélie de Lanlay son expérience personnelle au moment de décerner à Aman Alam le prix du Serendipity × Arles Grant 2025 (l’équivalent, en Inde, du Prix Découverte ) en tant que membre du jury, lui offrant ainsi son ticket pour exposer aux Rencontres. La directrice adjointe du festival a elle aussi traversé il y a quelques années la même épreuve dans l’accompagnement de son père, Patrice, qui a été atteint d’Alzheimer puis s’est éteint. Plus que de l’angoisse, la tristesse et la colère ressenties lorsque le diagnostic a été posé, c’est surtout des moments les plus heureux partagés au cours des deux dernières années de la vie de son aîné dont elle préfère se rappeler. Et la photographie n’y a pas été pour rien pour ces deux passionnés de père en fille.
« Parce que pour les personnes atteintes d’Alzheimer, qui ne vivent plus que dans l’instant présent, la photographie constitue un outil de mobilisation de la mémoire, d’échanges et d’immédiateté visuelle ».

C’est de ce constat qu’est né un partenariat entre Les Rencontres et France Alzheimer il y a 3 ans, à travers des visites organisées d’expositions, mais aussi des ateliers programmés pour faire participer aussi bien les aidants que les aidés. « Le dispositif mis en place c’est en quelque sorte pour générer de nouveaux et beaux souvenirs pour les aidants et pour les aidés, et qu’ils passent un moment agréable et doux à partir de l’image. Et le but est aussi de déstigmatiser Alzheimer, sans nier la difficulté à y faire face, mais en mettant l’accent sur les moments merveilleux qu’il peut encore y avoir ».

D’autant qu’au cours de ces ateliers, en général sur une demi-journée, une large place est laissée au temps et à l’écoute. Le temps de faire les choses, et l’écoute des uns et des autres, sans que personne ne soit vraiment identifié comme étant aidant ou aidé. Chacun est sur un même pied d’égalité, par exemple lors d’exercices de prises de vue où chaque personne est tour à tour photographe et photographiée. Pour qu’Alzheimer soit perçue comme un état plus que comme une maladie, comme l’ultime étape d’une vie qui progressivement s’enfuit et d’une mémoire qui peu à peu s’évanouit.

Maison des peintres, 43 boulevard Émile Combes
Jusqu’au 4 octobre 2026 – Horaires d’ouverture: 09H30 – 19H30