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Les Suds, à Arles : “le meilleur public du monde”

30 ans que les Arlésiens ont rendez-vous chaque été avec Les Suds, à Arles, et qu’ils répondent présents. Ce qui en fait « le meilleur public du monde » d’après Stéphane Krasniewski le directeur du festival. Celui-ci nous détaille justement ce qui attend le public pour la 31ème édition, du lundi 13 au dimanche 19 juillet prochains.
Outre les grands noms tels que Gaël Faye, de retour au festival après un premier concert donné en 2021, ou Fatoumata Diawara, les découvertes promettent encore d’y être nombreuses.

Publié par Aude Pauly le


Comment, après 30 années de réussites et de succès, repart-on de plus belle pour une 31ème saison ?
Stéphane Krasniewski : En fait c’est après chaque édition que l’on se pose cette question. Et la réponse vient chaque année des artistes dont on est surpris par la créativité et la capacité à se réinventer. On parle de nouvelle édition mais c’est en fait un nouveau festival chaque année.

Pour la première fois cette édition porte un titre : Musiques d’un monde en mouvement.
S. K. : Effectivement, c’est une réflexion collective que l’on a menée au sein de l’équipe pour donner à comprendre ce que représente le festival au-delà de simplement une programmation de concerts. Et il raconte donc ce monde qui est le nôtre et qui est traversé de beaucoup de mouvements en ce moment, pour le meilleur et pour le pire.

Vous avez aussi tenu à vous intégrer à la Saison Méditerranée.
S. K. : Oui. Nous sommes très fiers d’être labellisés. C’était un peu une évidence et nous avons proposé plusieurs parcours sur ce thème.
Un parcours « matrimoine » avec un point fort le mercredi 15 juillet au théâtre antique autour de 2 créations : Aïta Mon Amour déjà venus au festival mais cette fois dans une version avec orchestre. Ils seront 8 sur scène et les aïta ce sont des chants traditionnels marocains. Ensuite on aura une création entre Camélia Jordana, Sofiane Saidi et les frères Ceccaldi autour des Médahates en Algérie. Un peu plus tôt on aura eu Sandra Carrasco en Moment Précieux dans la cour de l’Archevêché. Elle se réapproprie et féminise le répertoire flamenco de Pepe Marchena. Et La Niña, la veille, sorte de Rosalía italienne, puise dans l’âme napolitaine.
Ensuite un parcours « héritage » avec notamment le vendredi 17 juillet au théâtre antique Jordi Savall qui revisite un répertoire d’Istanbul des 17ème et 18ème siècles, et en Moment Précieux aux Alyscamps Ali Doğan Gönültaş qui est un Kurde de Turquie et dont ce sera le 1er concert en France.
Et bien sûr un parcours « transmission » puisque Les Suds ce sont aussi beaucoup de stages et de master classes.


Justement, en la matière, proposez-vous de s’initier à de nouvelles disciplines ?
S. K. : Oui. Il y aura un stage de danse Afrovibe par exemple, et aussi de coupé-décalé venu d’Afrique de l’ouest, comme 1er Gaou de Magic System : c’est ça du coupé-décalé. Mais également des chants corses, on n’en a pas fait depuis très longtemps, et un laboratoire de création avec le tromboniste très en vue Robinson Khoury également programmé à Jazz in Arles le 30 mai.

Et bien sûr les incontournables avec aussi quelques nouveautés.
S. K. : En effet. Le festival c’est aussi tous les jours, du matin au soir, des propositions gratuites. Le concert à Croisière le matin est avancé à 10h30 contre 11h l’année dernière, pour mieux gérer la chaleur. Il y aura aussi les Apéros-découverte à l’espace Van Gogh. Les Siestes musicales, elles, auront lieu au jardin Saint-Césaire et ça c’est nouveau. Et enfin les Scènes en ville sur la place Voltaire.
L’année dernière le bal du 14 juillet a eu un grand succès. Donc on le réitère, mais dans la cour de l’Archevêché, le lundi 13 juillet à partir de 22h, avec le groupe folk Ma Petite, et ce sera payant cette fois. Après des concerts d’ouverture gratuits comme toujours au Museon Arlaten, au Musée départemental Arles antique, à l’École nationale supérieure de la photographie, mais aussi, pour la première fois depuis une vingtaine d’années à l’Abbaye de Montmajour en partenariat avec le Centre des monuments nationaux, qui accueillera Henri Maquet, un musicien arlésien en accompagnement des chanteurs Germana Mastropasqua et Xavier Rebut.
Sans oublier aussi les Nuits, du jeudi au samedi dans la cour de l’Archevêché, et par exemple la rappeuse camerounaise exceptionnelle sur scène Uzi Freyja, de la cumbia le lendemain avec Ghetto Kumbé, et enfin le samedi le percussionniste Cyril Atef, un vieux complice du festival, mettra le public en transe.

Enfin, à la veille de l’habituelle dernière journée à Salin-de-Giraud, vous souhaitez évoquer un temps fort le samedi 18 juillet.
S. K. : Il s’agit d’un concert en hommage au peuple iranien pour tout ce qu’il traverse depuis des années et particulièrement depuis quelques semaines. Et nous avons contacté Shadi Fathi qui est une musicienne iranienne extrêmement talentueuse installée en France et avec qui on a déjà collaboré à plusieurs reprises. Elle se produira avec Mahsa Vahdat qu’elle a connue à Téhéran avant qu’elle parte vivre aux États-Unis. Et on espère que cette création aura une suite ailleurs, sur d’autres scènes.

Les Suds, à Arles, du 13 au 19 juillet 2026. Infos et réservations.

Photo en page d’accueil : Rosalie Parent / Les Suds.