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Sports / Loisirs
Publié par Romain Vauzelle le
23 avril 2006, 84e minute de jeu. Karim Benzema douche le stade Fournier, plein comme un œuf, d’un coup franc magistral. L’Olympique Lyonnais met ainsi fin à l’extraordinaire épopée qui a mené une bande de copains arlésiens en quart de finale de la Gambardella, la coupe de France de football des moins de 18 ans. “On avait passé sept tours, en éliminant notamment l’OGC Nice. C’était inimaginable pour un petit club comme l’ACA” se souvient Brice Corrèze, capitaine de l’équipe. Qui s’est reformée, samedi 6 juin 2026, pour célébrer le vingtième anniversaire de cette belle aventure. “Vingt ans jour pour jour après le match contre Lyon, j’ai créé un groupe Whatsapp pour proposer qu’on rechausse les crampons à l’occasion d’un tournoi, raconte Stéphane Sancho, qui avait eu à l’époque la lourde tâche de charger Hatem Ben Harfa. J’ai tout de suite reçu des “oui” enthousiastes”.
Les anciens coéquipiers décident de créer des maillots pour l’occasion, avec la photo de l’équipe de 2006 imprimée sur le torse. “Certains ne s’étaient pas revus depuis le match contre Lyon, glisse Gilles Mathianakis. Mais on a tout de suite retrouvé notre complicité sur et en dehors du terrain. Notre entraîneur de l’époque Jean-Luc Douvegheant était là, tout comme nos parents, qui avaient vécu cette aventure avec nous. On a fini second du tournoi, mais l’essentiel était ailleurs.” Il résidait dans la joie de retrouvailles qui, forcément, ont ouvert la boîte à souvenirs. “Le coach avait dit qu’on avait perdu contre Lyon parce qu’on avait fait la Feria le week-end d’avant” rigole Brice Corrèze sans lui donner complètement tort. “De toutes façons face à Benzema et Ben Harfa, qui jouaient déjà en Ligue de champions, ou le futur attaquant de l’OM Loïc Rémy, c’était difficile de rivaliser” resitue Gilles Mathianakis. La tristesse qui a suivi le coup de sifflet final a vite laissé place à la fierté du parcours réalisé.
“Notre force, c’est qu’on jouait ensemble depuis petits à l’ACA et en classe foot au collège Morel” reprend Brice Corrèze. “Il n’y avait pas de grosses individualité, mais un super collectif, homogène, avec la niaque, et un entraîneur qui savait nous galvaniser, détaille Stéphane Sancho. On ne pensait qu’au foot, j’en ai même raté mon bac cette année-là”. L’ancien latéral montre une photo des joueurs, fous de joie, se jetant tous au sol pour célébrer un but. “C’était ça l’état d’esprit, une bande de copains”. Après l’élimination aux portes des demi-finales, le groupe avait été reçu à l’Hôtel de Ville avant de partir fêter l’exploit dans une station balnéaire espagnole. “Ce sont des souvenirs indélébiles, confie Gilles Mathanakis. Le maillot de la Gambardella, on l’a tous gardé.” Cette fois, pas question de laisser passer vingt ans avant de se réunir. Samedi soir, sur Whatsappp, tous se sont donnés rendez-vous en 2027. Autour d’un ballon rond, évidemment.