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Festival du Dessin 2026 : Philippe Katerine, artiste sans égal

Il est véritablement l'homme de cette fin du Festival du Dessin. Philippe Katerine, après s'être produit hier soir au Théâtre d'Arles avec son acolyte Philippe Eveno pour une lecture musicale, est ce matin à Croisière où ses œuvres sont exposées. La dédicace de son livre de "dessins mignonistes" ce samedi 16 mai à 11h est l'un des temps forts de ce week-end de clôture du festival. À cette occasion, l'artiste s'est confié à arles.fr.

Publié par Aude Pauly le


Philippe Katerine, vous intervenez en clôture du Festival du Dessin à Arles. Que ressentez-vous d’être vous-même le bouquet final de l’événement ?
C’est un honneur, bien sûr, de clôturer ce festival. Je n’ai pas encore vu les expositions, mais quand on m’a dit que j’en étais, et avec des noms tout à fait prestigieux, ça m’a honoré tout de suite évidemment.

Vous êtes à Arles pour l’occasion. Étiez-vous déjà venu avant ?
Oui, au Nord Pinus en 1994, pour un documentaire sur la nouvelle chanson française. Il y avait Miossec, Autour de Lucie… Et donc, moi, c’était l’un de mes premiers voyages en solo. J’étais très impressionné. J’ai passé de délicieux moments ici. Et puis, je suis revenu en vacances plusieurs fois, notamment sur les traces de Van Gogh, c’est quelqu’un que j’adore.

Vous avez encore des choses à découvrir à Arles, pendant que vous êtes ici, ce week-end ?
Bien sûr. Par exemple je n’avais jamais vu Arles sous la pluie. C’était le cas tout à l’heure. Donc, c’est comme si c’était une nouvelle ville.

Il y a Philippe Katerine le chanteur, il y a l’acteur, certains découvrent avec le Festival Philippe Katerine, le dessinateur. Votre courant artistique, le Mignonisme, vous pouvez nous en dire quelques mots ? Qu’est-ce que vous souhaitez que vos dessins, et le Mignonisme en général, provoquent chez les gens ?
Le Mignonisme, c’est un peu une grille de lecture du monde. Ça me permet de classer les choses et d’y voir un peu plus clair. C’est-à-dire qu’il y a des choses que je trouve très mignonnes, comme la peinture de Magritte. Je trouve ça complètement adorable. Alors que Francis Bacon, que j’aime ou que je n’aime pas ce n’est pas le propos, je ne le trouve pas très mignoniste. Ces exemples sont quand même relativement clairs.

Avant Arles vous étiez à New-York. Le Mignonisme vous emmène un peu partout dans le monde. Est-ce que l’on peut dire que le Mignonisme envahit le monde ?
Ce serait pas mal. Je ne m’en plaindrais pas. Le Mignonisme a toutes les qualités pour que les gens vivent à peu près bien ensemble en se comprenant un tant soit peu.

Et à Arles, pour cette exposition que vous nous offrez, l’on s’attendait à voir beaucoup de couleurs, surtout du rose. Et pourtant, non. C’est parfois dans la sobriété que vous vous retrouvez ?
Oui, moi, en tant que spectateur, je préfère aussi des choses très simples. Là, c’est un festival de dessin. En dessin, je n’aime pas trop les couleurs. Donc, j’ai tendance à faire ça au feutre pour que ça reste en noir et blanc. Et si je peux ne pas relever le feutre pendant le dessin, c’est encore mieux, pour que ce soit vraiment sur une ligne. Donc je préfère effectivement, en dessin, la simplicité.

Vous dites parfois qu’il vaut mieux l’image que le son. Là, vous nous avez offert les deux. Le son avec, au théâtre, le concert littéraire, et le dessin, c’est l’image. Si vous deviez choisir entre les deux, lequel l’emporterait ?
Certainement l’image. En plus, ça contient le dessin.

Philippe Katerine vous êtes un artiste très inspiré. Est-ce que vous trouvez aussi l’inspiration chez d’autres ?
Bien sûr. C’est souvent inconscient, mais je ne viens pas de nulle part. Puisqu’on est dans les dessins, j’imagine que ce que j’ai lu quand j’étais enfant m’a particulièrement marqué. Hergé, Charles Schulz pour Snoopy… Édika, qui nous a quitté récemment, dont le trait et l’absurdité m’ont particulièrement marqué. Et Je sais qu’il y a Muzo dans le festival. Il est important, c’est quelqu’un qui m’a accompagné sur une année puisqu’il avait fait un calendrier de dessins. Chaque jour correspondait à un dessin. Donc je me souviens bien de cette année-là. C’est comme si l’on avait été colocs. J’adore les dessins en général, même si d’autres sont très opposés aux miens. Je suis très demandeur pour les voir.

Pour finir, le Mignonisme pourrait-il s’ouvrir à d’autres artistes ? Et lesquels voudriez-vous qu’ils vous rejoignent ?
C’est vrai que pour l’instant, je suis le seul membre de mon mouvement. C’est donc une forme de dictature, ce n’est pas très mignoniste (rires). Il y a beaucoup de contradictions dans cette affaire. Mais les contradictions je m’en nourris plutôt que de m’en plaindre.
Alors s’il y a des candidatures, je les étudierai au cas par cas, avec la plus grande ouverture possible. C’est-à-dire minimale : je serai intransigeant !

Le Festival du Dessin, avec Philippe Katerine à Croisière, les autres artistes de la sélection et le OFF, c’est jusqu’à ce dimanche 17 mai.