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Dictée d’Arelate : prendre le festival au mot

Cela fait 20 ans que le festival Arelate existe, mais 2 seulement qu’il propose une dictée. Cette année, le devoir sur table a eu lieu le mardi 18 août au calme de la cour des Podestats.

Publié par Aude Pauly le


« Dans les ruelles de Subure, le vent, d’abord un léger psithurisme, était devenu excornubovique. »
Une phrase… et de multiples possibilités de se tromper en l’écrivant sur le papier. Ce sont en tous les cas les premiers mots qu’a entendu la vingtaine de candidats, de 20 à 80 ans, à la dictée antique proposée pour la seconde fois par le festival « Arelate, journées romaines d’Arles ».

À grands renforts de références aussi bien au romain qu’au grec, au latin et même d’un mot en celte gaulois les plus conformes possible au langage de l’époque, les lignes se sont succédées et pour certains les fautes se sont multipliées. « Certes le texte s’adresse à un public à partir de 12 ans mais c’est assez difficile dès cet âge, précise l’une des bénévoles, Anne Pellegrini, chargée avec d’autres de relever et de corriger les copies. Il compte environ 128 mots, communs, provenant d’un registre soutenu, ou de néologismes. Mais le niveau était bon : personne n’a fini en dessous de la moyenne ! ».
Et parmi les 3 meilleurs élèves, Alain, orthophoniste, s’apprêtait à rentrer chez lui dans la Manche quand ses amis arlésiens lui ont suggéré de rester pour s’essayer à l’exercice. « Honnêtement, je pensais avoir moins que 18 sur 20 ! » s’exclame le septuagénaire pas peu fier en arborant la couronne de laurier et les livres qu’il a remportés.


C’est son amour pour les mots et son appartenance à l’Oulipo (groupe de recherche littéraire fondé en 1960 par l’écrivain Raymond Queneau et le mathématicien François Le Lionnais) qui ont conduit Gérard Fouquet, le trésorier de l’association Arelate, à imaginer cette activité et à formuler depuis 2 années les textes énoncés. De sa voix claire, c’est Pascale Peyronnet, enseignante de lettres classiques et membre de l’association depuis qu’elle existe, qui a déclamé les phrases à transcrire, avant qu’une autre prenne la peine d’apporter des explications étymologiques. Et il faut croire que certains ont pris goût à cette nouveauté : déjà présents pour la toute première dictée l’an passé, ils étaient de retour cette année pour se mesurer à eux-mêmes et se faire évaluer à nouveau sur leur maîtrise des mots.

Ne manquez pas tous les rendez-vous d’Arelate, et notamment :

  • “La vita romana” dans la cour de l’Archevêché où des artisans initient à la confection de différents objets (vannerie, mosaïque, couronnes végétales, musique, bijoux…), tandis que la cour des Podestats est le théâtre de conférences et de spectacles gratuits et les autres monuments de la ville s’animent de visites inédites.
  • À la Verrerie (Trinquetaille) : ateliers gaulois et du légionnaire, démonstrations, guinguette romaine.
  • Parmi les nouveautés : soirée autour du culte de Mithra au palais de Luppé le jeudi 20 août de 18h à 20h30, soirée au spa avec buffet romain gastronomique et une collation servie dans le Triclinium (ancienne Poste, place de la République) chaque jour jusqu’au jeudi 20 août inclus, de 17h30 à 18h45 et de 19h30 à 20h45.
  • Les soirées sont rythmées par la 39ème édition du festival Peplum et son lot de projections au théâtre antique justement construit par les Romains pour y contempler des spectacles. Chaque rendez-vous est aussi l’occasion d’échanger avec des spécialistes du cinéma et/ou de la romanité. Jusqu’au samedi 22 août inclus.
  • Journée spéciale festive le vendredi 21 août : café-librairie, rencontre, banquet, sieste musicale…
  • Programme complet sur arles.fr et sur le site d’Arelate.