Histoire, Vie locale

Avant le bal, les pompiers dans les annales

L'Amicale des pompiers s'apprête à faire vivre aux Arlésiens sa grande soirée de l'année. Le bal aura lieu ce vendredi 12 juin dans la cour de l'Archevêché à partir de 19h.
Avant cela, il y a quelques semaines, les pompiers ont souhaité ranimer le souvenir de leurs aînés.

Publié par Aude Pauly le


Huit noms y sont inscrits. Grâce à la stèle présente au centre de secours, chemin de Fourchon, ces huit hommes, pompiers arlésiens ayant perdu la vie durant la Première Guerre Mondiale entre 1914 et 1918, restent dans les mémoires.
Et la plaque de marbre commémorative sur laquelle repose ces noms vient de retrouver tout son éclat.
En avril, elle a été nettoyée par les agents du centre et ses couleurs ont été ravivées grâce à l’intervention experte de la société FH Marbrerie à Trinquetaille.
Le monument avait été érigé durant les années 1920 par la « Compagnie et Société des Secours Mutuels des Sapeurs-Pompiers de la ville d’Arles » sur l’ancien centre de secours et avait fait le déplacement jusqu’au nouveau site en 2016 lors du déménagement de la caserne à Fourchon, pour prendre place à côté de la stèle honorant la mémoire des soldats du feu morts en « service commandé ».

Avant cela, pour comprendre qui étaient ces hommes tombés sous les bombes de la Grande Guerre, le centre de secours arlésien avait entrepris des recherches et a pu retracer leurs parcours jusqu’à ce 2 août 1914 qui fit basculer leur vie. Alexis, Honorat, Auguste, Nicolas, Louis, Eugène, Jean-Baptiste et Jacques avaient entre 26 et 44 ans lorsqu’ils sont « morts pour la France ».
Et le destin de ces « poilus » est raconté sur la chaîne officielle Youtube des pompiers des Bouches-du-Rhône dans un podcast intitulé Les Pompiers13 au cœur de l’action : le sang versé.

Quant à la stèle remise en état pour rendre hommage aux pompiers d’Arles partis au front, elle est accessible au sein du centre de secours sur simple demande. Celui-ci célébrera les 10 ans de son implantation à Fourchon le 19 septembre à l’occasion d’une journée portes ouvertes pendant laquelle il sera aussi possible de voir le monument restauré.

Qui sont les hommes derrière les noms :

– Gontier Alexis, 32 ans, né le 11 janvier 1883 à Marseille. Ebéniste de métier, incorporé au 15ème régiment d’Infanterie, « Mort pour la France » le 26 septembre 1915 à Massiges (Marne)

– Vachier Honorat, 37 ans, né le 9 mars 1879 à Arles. Marié et père de deux enfants, peintre en bâtiment, incorporé au 130ème Régiment d’infanterie. « Mort pour la France » le 7 septembre 1916 à Cayeux en Santerre (Somme). Inhumé à la nécropole nationale de Lihons (Somme)

– Rossignol Auguste dit Augustin, né le 10 août 1886 à Marseille. 28 ans, marié, incorporé au 111ème Régiment d’infanterie. « Mort pour la France » le 10 décembre 1914 à Clermont en Argonne (Meuse). Inhumé à la Nécropole nationale de Vauquois (Meuse)

– Menu Louis Nicolas, né le 24 juin 1887 à Arles. Marié et maçon de profession, 27 ans, incorporé au 163ème Régiment d’infanterie. « Mort pour la France » le 6 avril 1915 à Flirey (Moselle).

– Martinet Louis, né le 20 août 1884 à Boulbon. Journalier, marié et père d’un enfant. Incorporé au 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied, « Mort pour la France » le 30 novembre 1914 à Saint-Eloi (Belgique). 30 ans.

– Monier Eugène, né le 2 avril 1886 à Arles, quartier Mas Thibert. Cultivateur, 32 ans, Adjudant au 68ème Régiment d’Artillerie, « Mort pour la France » le 1er novembre 1918 à Bourgogne (Marne). Inhumé au carré militaire du cimetière central d’Arles.

– Flandrin Jean-Baptiste, né le 28 novembre 1887 à Arles. 26 ans, cultivateur et tambour de la Compagnie des Sapeurs-Pompiers d’Arles. Incorporé au 112ème Régiment d’infanterie, « Mort pour la France » le 28 aout 1914. Porté disparu dans le secteur de Bidestroff (Moselle).

– Vachon Jacques, né le 18 juillet 1873 à Arles. 44 ans, maçon, incorporé au 145èmeRégiment d’Infanterie Territoriale. « Mort pour la France » le 3 juin 1918 des suites de ses blessures lors de l’explosion de la poudrerie de Baussenq. Inhumé au cimetière central d’Arles.