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Culture / Patrimoine
Publié par Marie-Pierre Garrabos le
Peindre un squelette cigarette au bec : c’est la réponse de Van Gogh à ses professeurs d’une école d’art d’Anvers qui voyaient en lui un mauvais dessinateur. Mais Van Gogh voulait plus que ça : il voulait réinventer l’art. Ce squelette comme une provocation est l’une des œuvres de l’exposition « Suspects Van Gogh, tricksters & co » présentée à la fondation van Gogh Arles jusqu’au 22 mai.
« Pour la première fois, on ne s’intéresse pas à la qualité de son travail mais à son attitude », présentent Jean de Loisy et Margaux Bonopera, les commissaires d’exposition. Cette attitude, c’est une volonté de s’affranchir des codes, du bon goût et de produire une œuvre troublante et audacieuse.
Dans les pas de Van Gogh, on retrouve Picasso, et la série de dessins qu’il donne au Musée Réattu en 1971, où il se représente en Arlequin. Ce personnage de l’Arlequin – qu’on retrouve à plusieurs reprises au fil de l’exposition – c’est le malin, celui qui joue des tours, comme ces artistes qui nous surprennent. 1971, c’est aussi le moment où la video commence à être utilisée comme outil de création. Les commissaires d’exposition ont choisi de présenter des oeuvres créées à partir de ce moment de rupture et jusqu’à aujourd’hui. Les créations de Cindy Sherman, Bruce Naumann, Leigh Bowery, Maurizio Cattelan ou encore Maria Lassnig, Mike Kelley pour les plus connus et d’autres qui mériteraient plus de visibilité comme le belge jacques Lizène. Ce n’est pas seulement l’histoire de l’art qui se feuillette, ce sont des mouvements
Certaines œuvres sont choquantes, d’autres font rire, certaines émeuvent. Mais bien plus qu’un goût et qu’un génie de la provocation, l’exposition, grâce à une scénographie intelligente, suscite de nombreuses réflexions sur la valeur de l’art, le rôle d’un artiste, le refus des injonctions. A travers des oeuvres qui suscitent parfois la gêne, les artistes montrent ce qu’on ne veut pas voir, la violence dans les familles, la solitudes des enfants abusés… Les artistes sont sans doute des “tricksters” – des filous- mais ils nous permettent de regarder au-delà des apparences.