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“Stop au harcèlement”

Ce jeudi 6 novembre est la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. À cette occasion, des enfants des centres de loisirs de la ville ont pu participer la veille à des rencontres dans les quartiers sous forme de théâtre-forum.
Action de sensibilisation menée à Barriol, à l'école Henri-Wallon avec la participation de la compagnie MAB, à l’école Victoria-Lyles au Trébon avec la compagnie Babelabab, et enfin à Griffeuille où l’association Capacité est intervenue à l’école Jules-Vallès.
Nous avons assisté à l'une de ces représentations.

Publié par Aude Pauly le


Sur scène, l’actrice Louise Arcangioli est Lili. Son décor : une cantine, celle du groupe scolaire de Barriol. Son public : 33 élèves de classes élémentaires, âgés de 6 à 10 ans.
Lili se présente aux autres d’une drôle de manière. A travers ce qui fait d’elle une fille « différente ». Quand le jeu démarre et que Lili commence à s’exprimer et à haranguer les enfants face à elle, des rires et des réactions se font entendre, comme pour lui répondre. « Personne ne me voit ». « Je suis sourde mais je ne suis pas un fantôme ». Puis elle en vient à décrire des scènes de violence dont elle est victime, et peu à peu les élèves qui assistent à la représentation réalisent le message que Lili veut leur faire passer : elle se fait harceler.


Lili est seule sur scène pendant une demi-heure à laisser parler sa voix intérieure. Elle décrit sa vie, la découverte de son handicap qui pour elle n’en est pas un, explique la présence de son implant cochléaire, la langue des signes qu’elle pratique… Tantôt ce personnage fait sourire par son innocence et son humour, tantôt il émeut profondément.
Vient ensuite le temps de la parole pour les enfants présents.



Marie Vauzelle dirige la compagnie MAB et a créé cette pièce, au départ pour le théâtre et à l’adresse des collégiens, qu’elle a complètement réadaptée pour l’occasion et donc pour un public plus jeune.
Avec à ses côtés André Belpomo, le directeur de l’école Henri-Wallon, c’est elle qui lance la discussion en félicitant les auteurs du dessin qui décore la pièce. Sur une grande feuille blanche, des empreintes de mains ornent de leurs couleurs le slogan « Stop au harcèlement ». Et les témoignages commencent à fuser. « Moi j’ai un psychologue parce qu’avant je me faisais embêter dans la cour et maintenant ça va mieux. Mais désormais je stresse. Comme si ça continuait ». « Moi dans ma classe il y en a un qui se faisait bousculer. Et ç’a été réglé, parce que ses parents l’ont dit au directeur ». L’émotion monte même jusqu’aux larmes pour l’une des enfants au moment de partager son expérience. Les esprits semblent se libérer au fur et à mesure que les langues se délient chez ces enfants qui ont bien compris que l’important est de parler.
Comme Lili vient de le leur montrer.
Tel est aussi le but de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école, ce jeudi 6 novembre : sensibiliser et libérer la parole.