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Économie / Agriculture, Environnement
Publié par Romain Vauzelle le
Le (faux) procès de la salinisation a accouché d’un vrai et passionnant débat, vendredi 28 novembre 2025, au Palais des congrès d’Arles. Et c’était bien là l’ambition de cet événement produit par l’agence Bipolar : réunir et faire témoigner éleveurs, responsables de zones protégées, de digues, chasseurs ou encore riziculteurs… Juges, avocats et procureur ont orchestré ce “spectacle-enquête” pour exposer de façon claire et ludique les enjeux de la salinisation de la Camargue et les points de vue de chacun sur ce processus, assigné devant le (faux) tribunal pour “atteinte aux intérêts écologiques, économiques et socio-culturels du territoire.”
“Il menace nos cultures, nos élevages, nos pêches et menace de transformer la Camargue en désert” a pointé l’accusation. Gilles Bardon, viticulteur, a expliqué que la salinisation des sols de sa propriété avait ravagé cinq de ses douze hectares de vignes. Charlotte Yonnet, éleveuse de taureaux de combat, a raconté comment le sel venu de la mer contaminait l’eau des bêtes et les rendait malades. Mais Rémy Tinet, de la Réserve naturelle du Scamandre, a aussi fait valoir que le sel pouvait être un allié contre les espèces envahissantes. D’autres ont dit son rôle économique phare à Salin-de-Giraud, où on le récolte.
Et, après plus de 2h30 de débats nourris, le tribunal de déclarer que “le sel n’est ni coupable, ni innocent, intéragissant avec la mer, le climat et les interventions humaines. Aucun sanction n’est prononcée.” Mais le juge a appelé à renforcer la coopération intersectorielle afin que que “la Camargue soit gouverner comme un bien collectif. Ce verdict est une invitation à en prendre soin.”