Culture / Patrimoine

Pierre Marie Brisson : “mon travail est une ouverture au bonheur”

A l'invitation de la Ville, le peintre Pierre Marie Brisson présente l'exposition "Traces" du 5 mars au 6 avril, à l'Archevêché. Exposé dans le monde entier, l'artiste se livre, avec simplicité et générosité, sur son travail et son engagement : « être à la portée de tous ».

Publié par Marie-Pierre Garrabos le


Qu’est-ce qui vous lie à Arles ?

Pierre Marie Brisson : Enfant, j’étais passionné par l’archéologie et évidemment quand je suis venu à Arles pour la première fois, il y a 40 ans, j’ai été ébloui. Arles est une pièce maîtresse d’un endroit mythique, le bassin méditerranéen. C’est aussi pour m’inscrire dans cette histoire que j’ai appelé l’exposition Traces. L’autre lien est plus intime : à Arles repose un Monsieur qui m’a beaucoup apporté par sa grande sagesse intérieure, Bram Van Velde (peintre néerlandais, mort à Grimaud en 1981, ndlr). C’était un personnage fascinant.

On dit souvent que la lumière d’Arles attire les artistes. Est-ce aussi ce qui vous a séduit à Arles ?

P M B : La lumière d’Arles « découpe » les éléments du paysage sur le ciel avec une précision incroyable. Mais je ressens davantage son effet « psychologique », c’est de la vitamine en barre, qui donne une énergie particulière. J’habite en Camargue depuis une trentaine d’années, j’aurais du mal à revivre dans le Nord !

Comment est composée cette exposition ?

P M B : J’expose des oeuvres réalisées au fil du temps, depuis la toute première, jusqu’aux plus récentes, des envolées entre le bleu du ciel et le bleu de la Méditerranée, cette étendue vide qu’on peut s’abandonner à regarder et qui amène au rêve. Le bleu, c’est ma couleur ! On y voit aussi des papillons,un motif que j’ai commencé à travailler au moment du confinement, parce qu’il y avait un besoin de s’échapper. Je montre aussi des œuvres inspirées de l’antique, des premières fois où je suis venu à Arles et que j’évoque avec un travail de la matière, de la terre. Enfin, quelques peintures autour de la danse, dans lesquelles on devine des ombres d’Arlésiennes. J’aime beaucoup ce Palais de l’Archevêché, j’y trouve une harmonie avec mes peintures.

Vous avez installé dans l’exposition un « atelier nomade ». Quel en sera le principe ?

P M B :Jai préparé un support, sur lequel je travaillerai avec les enfants des écoles qui viendront me rendre visite. C’est très important pour moi de m’adresser aux enfants car c’est une façon de transmettre l’envie. J’ai ressenti un coup de foudre pour l’art quand, petit, je voyais les peintres du dimanche devant leur chevalet. J’avais toujours envie de voir le tableau terminé ! Un artiste est contraint de s’enfermer pour travailler mais il doit sortir de cette solitude. Je serais d’ailleurs présent tous les samedis pour rencontrer les visiteurs. De plus en plus, je veux que mon travail soit une ouverture au bonheur.

Vous allez donner à la Ville l’oeuvre réalisée avec les élèves ?

P M B : Oui, j’ai envie de donner et de laisser une trace de mon passage dans cette ville. Je m’intéresse aussi à cette Vénus, qui va revenir à Arles. Elle est très inspirante. L’histoire avec Arles ne peut pas s’arrêter.

« Traces », du 5 mars au 6 avril 2026, de 11h à 13h et de 14h à 18h, au palais de l’Archevêché.

  • Dimanche 8 mars à 10h : à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, brunch avec les auteures Brigitte Benkemoun et Clarisse Gorokhoff.
  • Jeudi 12 mars à 18h : dialogue entre l’artiste et l’archéologue Luc Long.
  • Samedis 14, 21 et 28 mars : rencontre avec l’artiste.
  • Dimanches 15, 22 et 29 mars à 15h : performance d’un artiste local invité par Pierre Marie Brisson.

Pierre Marie Brisson, aficionado et spectateur fidèle des arènes d’Arles, a été choisi par Ludi Arles Organisation pour réaliser l’affiche de la prochaine Feria de Pâques, présentée ici par la Reine d’Arles, Amélie Laugier, sa demoiselle d’honneur Salomé Espelly et Lola et Jean-Baptiste Jalabert, dirigeants de Ludi Arles Organisation.

photo F.Gardin/ville d’Arles.