Culture / Patrimoine

L’ode au Polaroïd signée Wim Wenders

Publié par Romain Vauzelle le


Planté au milieu de la pièce, un écran diffuse les images d’un homme allongé sur un billard, multipliant frénétiquement les autoportraits en tenant à bout de bras un Polaroïd. « C’était en 1977, et c’est le moment précis où le selfie a été inventé » s’amuse Wim Wenders, qui était jeudi 6 juillet 2023 à Arles pour présenter son exposition « Mes Amis Polaroïd ». La scène du billard est extraite de son film « L’ami américain ». Elle témoigne de l’attachement du célèbre photographe et réalisateur allemand, Palme d’or à Cannes en 1984, au mythique appareil photo instantané.

« Je m’en servais quand je faisais des repérages avant les films, pendant les répétitions et même pendant les tournages, explique Wim Wenders, dont la venue a créé l’ébullition à l’espace Van Gogh. A l’époque, le Polaroïd était le seul moyen de vérifier la lumière et offrait une définition très haute qui permettait même des agrandissements. » Ainsi, au milieu de clichés de tournage au format iconique (un carré de 7,9 centimètres de côté dans un rectangle de 10,7 x 8,80 centimètres), s’impose une immense photo de l’acteur Dennis Hopper, au volant d’une voiture, chapeau vissé sur la tête. C’est l’œuvre phare d’une expo courte, qui se découvre au son du fameux grincement des photos quand elles s’extraient du vieil appareil.