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“Un équilibre entre responsabilité et ambition” : désendettement et investissements au cœur du budget 2026

Adopté lors du conseil municipal du 23 avril, le budget prévisionnel 2026 trace une ligne claire pour la ville d’Arles. Le maire, Patrick de Carolis, a réaffirmé un cap fondé sur la rigueur budgétaire, tout en maintenant un niveau d’investissement élevé pour accompagner la transformation du territoire.

Publié par Emmanuelle Laurent le


Depuis plusieurs années nous avons engagé un travail de fond pour redresser la situation financière de notre ville, nous avons retrouvé de la crédibilité, dégagé des marges de manœuvre, engagé une trajectoire importante de désendettement, mais il faut être lucide : cet effort doit se poursuivre avec la même exigence si nous voulons nous maintenir dans la durée. Nos finances restent fragiles, ce qui nous oblige à maîtriser nos dépenses, à faire des choix, à ne jamais céder à la facilité et c’est à ce prix que nous préserverons l’équilibre de nos finances et notre capacité à investir.” a-t-il ainsi indiqué en préambule de la présentation du budget.

Une gestion rigoureuse toujours nécessaire
Dans un contexte économique incertain, la maîtrise des dépenses de fonctionnement demeure une priorité. Celle-ci passe notamment par un encadrement des effectifs et une vigilance accrue sur les coûts, en particulier énergétiques, avec des actions concrètes comme le déploiement de flottes électriques ou l’isolation des bâtiments.
Cette gestion prudente permet à la commune de maintenir des réserves de trésorerie solides, atteignant un niveau deux fois supérieur à la moyenne des villes comparables. Un atout essentiel pour faire face aux imprévus sans fragiliser les finances locales.
Autre indicateur de cette discipline : près d’un tiers des investissements est autofinancé grâce à un transfert depuis la section de fonctionnement.

L’investissement, pilier central de la mandature
Malgré ces contraintes, l’investissement reste au cœur de l’action municipale. Pour 2026, 17,7 millions d’euros de nouveaux travaux d’équipement sont programmés, auxquels s’ajoutent 14,5 millions d’euros de projets déjà engagés en 2025, soit un total de plus de 32 millions d’euros.

Parmi les opérations majeures figurent :

  • l’aménagement des marais de Beauchamp,
  • la création d’une voie verte entre le pont Van Gogh et les Alyscamps,
  • la rénovation de la Bourse du travail pour accueillir l’office de tourisme,
  • les projets de renouvellement urbain à Barriol et Griffeuille,
  • l’installation de nouvelles caméras de sécurité,
  • des travaux dans les écoles (sécurisation, confort thermique, sanitaires),
  • des investissements dans les équipements sportifs et les monuments.

Autant de projets qui visent à améliorer le cadre de vie tout en préparant l’avenir.

Un désendettement engagé mais à poursuivre
Depuis six ans, la ville a réduit sa dette de 34 millions d’euros. Un effort significatif que la municipalité entend poursuivre en continuant de rembourser davantage qu’elle n’emprunte. Au 1er janvier 2026, l’encours de dette s’établit à 84,96 millions d’euros. Si ce niveau reste supérieur à la moyenne des communes de même strate, la situation est jugée maîtrisée, avec une capacité de désendettement de 8,8 ans, bien en dessous du seuil d’alerte fixé à 12 ans. Pour 2026, le remboursement prévu s’élève à 10,89 millions d’euros.

Un engagement fiscal fort : pas d’augmentation des impôts
La municipalité confirme également son engagement à ne pas augmenter les taux des impôts locaux, inchangés depuis six ans. Une décision assumée, malgré le fait que cette ressource constitue la principale recette de la ville. Seule évolution : la revalorisation annuelle des bases décidée par l’État, estimée à +0,8 % pour 2026.

Soutien au tissu local et cohésion sociale
Malgré ces contraintes, l’engagement auprès des associations reste primordial pour la municipalité. Le maire a ainsi voulu rappeler vouloir plus que jamais “maintenir notre soutien au tissu associatif qui est essentiel au lien social, à la solidarité, à l’attractivité de notre commune” à travers une politique volontariste de subvention pour 2,4 M d’euros et de contributions diverses (Centre communal d’action sociale qui voit son budget encore augmenter cette année de 180 000 euros, contribution au centre de secours des sapeurs pompiers pour plus de 4 M d’euros…).

Un budget de 170 M d’euros
70 % soit 120 M d’euros sont des dépenses courantes de fonctionnement : frais de personnels, fonctionnement des services, subventions aux associations, remboursement des intérêts de la dette…
30 % soit 50 M d’euros aux dépenses d’investissement (travaux, informatique et logiciels, équipements, remboursement du capital de la dette…).

Les recettes de fonctionnement proviennent principalement des impôts locaux pour 38 M, des dotations de l’Etat (qui baissent légèrement) pour 25,6M, des produits d’exploitation propres de la commune (entrées monuments, musée, droits terrasse, stationnement, services divers et périscolaires) qui progressent grâce à la dynamique touristique pour 21,86 M, du versement de l’agglomération ACCM pour 20,58 M et enfin de l’excédent budgétaire de 2025 également établi durant ce conseil municipal à 14,7 M d’euros.

Les dépenses de fonctionnement des services consistent pour plus de la moitié des salaires du personnel communal (62,6 M), des charges de service stabilisées à 20,6 M malgré la hausse prévisionnelle des coûts de l’énergie, mais aussi des participations versées aux associations et organismes.