Culture / Patrimoine

Tous les visages de Vénus au Musée départemental Arles antique

La Vénus est de retour à Arles ! La statue, trouvée au théâtre antique, est au coeur d'une grande exposition au Musée départemental Arles antique, organisée avec le Louvre. Elle est entourée de plus de 80 oeuvres, qui racontent son incroyable pouvoir de séduction, de l'Antiquité à nos jours .

Publié par Marie-Pierre Garrabos le


Si Louis XIV l’a qualifié de “plus belle femme de son royaume“, le maire d’Arles, Patrick de Carolis, voit en elle l’image de la ville et “le reflet de son histoire“, “l’incarnation de la fertilité de la Camargue” mais aussi une beauté que l’on retrouve dans les Arlésiennes en costume. Pour Martine Vassal, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, “elle éclaire de sa beauté l’imaginaire collectif.

La Venus d’Arles, l’oeuvre originale conservée au Musée du Louvre, a reçu les hommages dus à son rang, le 27 avril 2026, lors du vernissage officiel de l’exposition que le Musée départemental Arles antique lui consacre, avec le précieux concours du Musée du Louvre. Autour de Martine Vassal, le président-directeur du Louvre, Christophe Leribault et le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, le maire d’Arles, Patrick de Carolis et de nombreux élus se sont pressés pour découvrir cette exposition-événement.

La Reine d’Arles, Amélie Laugier, et la Vénus d’Arles. photo Jan Dyver/ville d’Arles.

Après les hommages, les oeuvres. Conçue par trois commissaires qui ont travaillé main dans la main, Romy Wyche, directrice du Musée départemental Arles antique, Ludovic Laugier, conservateur en chef du Patrimoine au département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre et Jean de Loisy, historien d’art, l’exposition se déroule, dans un espace au coeur du Musée, en une succession de courbes, évocatrices du corps féminin. La scénographie, qui met en valeur avec délicatesse et habileté la façon dont cette figure de l’Antiquité continue à marquer l’imaginaire collectif et à s’imposer dans la création contemporaine, est signée d’une des stars de cette discipline, Nathalie Crinière. Elle raconte comment Vénus, déesse de la beauté et de la fécondité, est aussi celle de la puissance, qui exerce son pouvoir par son corps. Elle montre comment au fil des siècles, les artistes s’en emparent pour porter une réflexion autour du corps féminin, des injonctions faites aux femmes ou d’une liberté conquise par rapport aux canons de beauté.

Outre diverses représentations de la déesse datant de l’Antiquité, l’exposition s’appuie sur des oeuvres du XVIIème sicèle, de Rodin, mais aussi de Man Ray,Andy Warhol, Wim Delwoye, Pistoletto, Annette Messager, Niki de Saint-Phalle…

L’exposition se poursuit dans les colletions permanentes, où une dizaine d’oeuvres d’auteurs contemporains continuent le propos autour de l’héritage de Vénus. Enfin, à l’étage, un tête-à-tête avec la statue aujourd’hui exposée au Louvre mais qui fut trouvée, en 1651, à proximité du théâtre antique, permet à tous les publics, jusqu’aux plus jeunes, de remonter le fil de son histoire. L’exposition s’intitule “le passage de Vénus”, et c’est un passage qui marquera les mémoires.

Exposition “Le passage de Vénus”, jusqu’au 31 octobre au Musée départemental Arles antique. Tout un programme de visites, y compris pour les enfants à partir de 3 ans, de spectacles, de conférences est organisé.