“Quand je ne torée pas, une partie de moi est morte.” Ces paroles d’Andy Younes font d’autant plus écho qu’au moment où il les prononce, il n’a plus fait le paseo depuis trois ans. Et elles résonnent plus encore lorsqu’on sait la réserve et la pudeur du matador arlésien. C’est l’une des forces du documentaire “Andy, Charles et les taureaux”, diffusé actuellement sur la plateforme de France Télévision dans le cadre du programme “Week-ends avec la jeunesse”. Les caméras l’ont suivi avant, pendant et après la corrida de son retour dans les arènes, à l’été 2024 aux Saintes-Maries-de-la-mer. Avec son ami torero Charles Pasquier (Carlos Olsina en piste, Ndlr), compagnon de rêves et d’infortune, ils confient leur amour du toro, leurs désillusions et leurs espoirs autour d’une corrida qui brille comme une lumière à la sortie d’un tunnel.
“Parler devant une caméra, ça n’a jamais été mon fort, mais j’ai accepté car il n’y avait pas de parti pris, pas de narrateur, explique Andy Younes, dont le début de carrière fut tonitruant avant un brutal et long coup d’arrêt. Ils voulaient comprendre pourquoi des jeunes mettent leur vie en danger et se mettent en marge de la société pour vivre cette passion. J’ai trouvé que c’était un angle intéressant et une jolie porte d’entrée pour quelqu’un qui ne connaît pas la corrida.” Les confidences des deux matadors, leur candeur, leur sourire, leur foi, font de ce documentaire un témoignage touchant, à l’image des larmes du père d’Andy Younes en évoquant la vocation de son fils. Depuis le documentaire, l’Arlésien a relancé sa carrière au Pérou, où il a mené cet été une campagne triomphale de sept corridas. “En mettant l’habit de lumière, dit-il, ma vie prend tout son sens.”